Histoire du Lanbi

Le Lanbi fait partie des symboles de la résistance des Noirs déportés d’Afrique, face au

système esclavagiste instauré par la France dans la colonie de Saint-Domingue jusqu’en 1804, date de l’indépendance d’Haïti. Ce coquillage qu’on trouve encore à profusion sur les côtes des îles de la Caraïbe, fut utilisé par les esclaves fugitifs (ou marrons) pour communiquer entre eux. Après avoir extrait la mollusque de sa coquille, les « marrons » transformèrent cette dernière en un « véritable instrument à vent » dont les différentes intonations constituèrent autant de messages et de mots d’ordre.

Ainsi, au son du Lanbi, ils purent décoder le signal d’un rassemblement, d’un passage à l’offensive contre les plantations des colons, ou encore d’une alerte à l’arrivée des troupes ennemies dans leurs zones de refuge. Bref, le Lanbi fut aux esclaves en fuite ce que les satellites sont à l’armée aujourd’hui.

L’emblème de l’émission Kòn Lanbi (ci-contre, le Marron inconnu soufflant dans un Lanbi) se veut la représentation picturale de notre engagement à faire de cet outil de communication un instrument de lutte contre toute forme de colonialisme et de domination. C’est aussi un moyen de mobiliser de nos auditeurs/trices pour qu’ils brisent les chaînes de l’aliénation qu’une certaine presse contribue à maintenir au profit des pouvoirs économique et politique.

Le Lanbi est aussi une évocation des délices que procurent les fruits de la mer tropicale, une invitation à l’évasion… On connaît par exemple, la saveur exquise du Lanbi boucané mariné dans un bain d’épices à base de piment. Mieux, cette préparation est très réputée pour ses vertus, paraît-il, aphrodisiaques.

Le Lanbi c’est bien tout cela : emblème de lutte de résistance, moyen de mobilisation, évocation des saveurs tropicales, invitation à l’évasion…